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En étudiant un vieux dossier poussiéreux de la société de nettoyage FBI, Meuledor et Secoulit découvrent un fait bien étrange :
Le 12 avril 1962, Nicole Coulier, une jeune femme (que nous appellerons Madame X pour respecter son anonymat) avait rendez-vous avec son fiancé à 14h30 devant l'arc de triomphe. À 15h30, le fiancé n'était toujours pas là !!!
De toute évidence, il avait disparu corps et bien sans laisser de traces.
Le mystère est épais, mais pas suffisamment pour décourager Meuledor et Secoulit.
Pour souffler un peu après leur dernière enquête, Meuledor invite Secoulit au restaurant.
À la terrasse d'un troqué parisien dans la rue de la butte aux cailles les deux partenaires dégustent un sandwich baguette au bouillon de poule. Ils sont assis face à face à une table de bistro dont la surface suffirait à peine, à une mouche pratiquant le patinage artistique, pour faire un double axel.
Tout en mordant de tous ses chicots dans la masse spongieuse de son sandwich, Secoulit pelote l'entrejambe de Meuledor avec ses talons aiguille en le regardant d'un air lubrique.
Meuledor, qui apprécie grandement cette séance d'acupuncture, affiche un sourire béat d'une insondable niaiserie. Il redescend un instant de son nirvana pour laper sa tasse de café.
Soudain, une illumination le foudroie: Non seulement il se trouve dans un état d'excitation peu commun, mais de plus, le café est d'un noir insondable! Il ne peut même pas voir le morceau de sucre au fond de la tasse. Il en informe aussitôt sa partenaire Secoulit qui s'était glissée sous la table.
Se pourrait-il que ce breuvage nous cache quelque chose ?
Secoulit confirme que le café noir agit très puissamment sur le métabolisme humain. Elle connaît d'ailleurs un jeune noir de 24 ans que l'on ne peut raisonnablement taxer d'impuissant et qui agit très fortement sur son propre métabolisme, tous les jeudis de 14 à 21 heure.
Meuledor est parcouru par un frisson d'horreur en pensant à ces milliards d'humains qui boivent leur express tous les matins sans se rendre compte des conséquences. On est en train de modifier le métabolisme humain! Peut-être même que des êtres intelligents (pour le moment), sont contaminés au-delà de la galaxie.
Devant l'évidente urgence de la situation, Meuledor approfondit son analyse méthodique en se penchant sur sa tasse. Secoulit, quant à elle, se penche sur un jeune éphèbe qui vient de s'asseoir à une table voisine.
Les neurones de Meuledor fonctionnent à plein rendement pour aborder les questions philosophiques fondamentales :
Le café est-il noir partout ou seulement en surface ? Y a-t-il complot ?
A l'aide de deux cuillères, il essaie d'écarter la surface pour en voir le fond, mais le liquide se referme aussitôt. Il questionne Secoulit, assise sur les genoux de l'éphèbe. Elle lui explique alors que les molécules de café sont d'une extrême vélocité car, subissant elles-mêmes les effets qu'elles génèrent, leur métabolisme atomique est perturbé.
Mais Meuledor ne désarme pas. Pour avoir les molécules par surprise, et pour savoir ce qui se cache en dessous, il soulève vivement la surface du café à l'aide de la cuillère.
Des gouttes de café brûlant sont projetées sur un petit groupe de militants de Greenpeace prenant leur petit-déjeuner à une table voisine. Constatant la chute de gouttes brunes, ils regardent aussitôt le ciel couvert puis se lèvent précipitamment et courent vers le centre de décontamination le plus proche, afin de nettoyer ces gouttes de pluies acides.
Meuledor sait que le café est très fort. Il ne parviendra pas à le vaincre de cette manière. Il envisage de congeler le café pour ensuite aller regarder à l'intérieur du glaçon noir. Il hèle sa coéquipière pour obtenir son avis.
De la table voisine Secoulit, avec son esprit scientifique, lui rétorque que le café brûlant ne se laisse pas facilement congeler. Par contre, elle connaît un jeune Inuit de 22 ans qui est très long à dégeler.
Puis elle reprend aussitôt l'exploration du corps nu de l'éphèbe, allongé sur la table de bistro. Son intimité est préservée par un groupe d'une quinzaine d'hommes serviables faisant, autour du couple, une haie humaine impénétrable à la vue des passants.
Meuledor réfléchit intensément.
Secoulit halète fébrilement.
"Il faut observer le café de l'intérieur!" se dit Meuledor. Il se lève d'un bond et se précipite au comptoir du café pour commander une bassine de café brûlant et un masque de plongée. Par crainte, on le sert immédiatement. Il met le masque sur ses yeux et, sans hésiter, plonge la tête dans le liquide noir en ébullition pour en observer le fond. Trois minutes plus tard il remonte en surface, le visage brûlé au troisième degré. Les lèvres boursouflées, il murmure au serveur qui le fixe d'un air hagard.
"Bien fûr, ve n'y avais pas penfé! Fi la furface est noire, elle ne laiffe pas paffer la lumière et donc, ve ne peut rien woir!"
Il téléphone aussitôt à la société FBI pour demander à son chef Skipper de lui livrer du gros matériel pour sa prochaine expérience qui, n'en doutons pas, permettra de lever le voile noir de ce mystère.
FIN DE LA PREMIERE PARTIE
suite le 10 mai
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